Lundi 21, après une matinée à l'hopital passée à vider des flacons d'antirétroviraux périmés dans un jerrican troué...nous avons déjeuné d'une pizza express chez Coco puis avons commencé à préparer le déménagement. Benjamin nous a prêté la C15 et heureusement car nous la chargeons à ras bord!! Alex se retrouve coincée entre les valises, elle ne peut plus sortir! Nous faisons nos adieux à Faki, qui ne pleure pas cette fois-ci...(il avait éclaté en sanglots à l'annonce de notre départ, je crois qu'il est un peu dépressif...) et en route pour le supermarché! Nos premières vraies courses à Mada, nous nous lachons sur le Nutella et la confiture de goyave, Jo se laisse tenter par le thé de Sambahavy à la vanille et moi par le Nescafé made in Cote d'Ivoire...Nous prenons possession des lieux, enchantées toutes les 3. Nous dinons d'un bon plat de pâtes-sauce tomate-gruyère sur la terrasse, bercées par le bruit des vagues venants s'échouer sur la plage en contre-bas...Oui, nous mesurons notre chance!!
Le lendemain, le petit-déjeuner au grand air ne trahit pas ses promesses, on aperçoit même des dauphins plus au large dans la baie! Le rêve!
Nouvelle mission pour les 3 vazettes à l'hopital: trouver comment détruire des litres de liquides toxiques (en l'occurence des suspensions buvables d'antirétroviraux) alors qu'il n'existe aucune entreprise spécialisée à Madagascar dans le traitement de ce type de déchets et que l'on ne dispose que d'un vieux bunker datant de la seconde guerre mondiale où l'on peut éventuellement envisager de les brûler!
Grosse prise de tête en prévision, nous apprendrons plus tard dans la matinée que l'hopital s'est vu offrir récemment un incinérateur dernière génération, conçu pour détruire les réactifs de laboratoire périmés! Il n'est pas utilisé tout simplement car le technicien a la flemme de le sortir de son rangement...Bienvenue à Madagascar!! Nous négocions donc de nous en servir prochainement, il reste maintenant à rédiger les invitations car il faut qu'un nombre impressionnant de « responsables » soient présents ce jour-là. On espère juste pouvoir le faire avant la fin de notre stage car nous avons le sentiment que sinon, les liquides seront juste déversés dans la mer, comme c'est fait d'habitude...Vous comprendrez que nous sommes parfois assez découragées lorsque nous découvrons certaines pratiques, surtout dans le milieu hospitalier local!
L'après-midi, nous prenons le taxi brousse direction Antanamitarana, un village de brousse à la sortie de Diego, la banlieue en quelque sorte. Nous y avons rendez-vous avec une sage-femme traditionnelle que nous présente Sabrina. Sa case en tolle est perdue au milieu de rizières asséchées, il faut 30 minutes de marche depuis l'arrêt de bus pour y accéder. Mais cet effort est largement récompensé, elle se révèle très enthousiaste de nous recevoir, surtout qu'elle nous a demandé de la payer 10000 ariary, sachant que le salaire moyen ici est de 70000 ariary par mois!! Nous en profitons donc pour poser toutes nos questions et nous proposons de revenir pour récolter les plantes dont elle nous a parlé. Le retour en taxi B est aussi épique que l'aller, nous sommes assises dans un mini bus de 12 places en théorie qui s'arrête environ tous les 20 mètres pour faire monter des passagers, et même quand c'est plein, les gens continuent à grimper: c'est pire que le métro parisien un jour de grève!!Nous découvrons que l'on peut littéralement empiler des gens!! Je peste contre ce système car il n'existe pas d'arrêt de bus à proprement parler, dès qu'un passant appelle le taxi B, celui-ci s'arrête: résultat, il nous faut plus d'une heure pour parcourir 20 bornes! Ma mentalité d'occidentale s'offusque devant aussi peu d'organisation mais finalement, c'est plutôt bon enfant, les gens rient et le chauffeur nous met du Bob Marley à fond pour couvrir le bruit du moteur...On finit quand même par rentrer chez nous, fatiguées mais contentes de cette bonne journée, et avec la promesse d'une douce soirée sous les étoiles...
Commentaires sur cet article clo merci pour ces belles pages écrites. Nous sommes ravis de lire vos aventures .Soyez prudentes et bon courage pour la thèse .
Gros bisous à notre Laura